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Section 3 - Numérisation

Abstract

Cette section explore les bases de la numérisation des signaux, une étape clé dans les systèmes de communication modernes. Elle introduit tout d’abord les principes fondamentaux de l’échantillonnage, qui permettent de convertir un signal continu en une série d’échantillons discrets, garantissant ainsi une représentation fidèle selon le théorème de Nyquist-Shannon. Les applications pratiques de l’échantillonnage, notamment le calcul du débit maximal d’information et les modulations analogiques d’impulsions, y sont abordées. Ensuite, la section s’intéresse à la modulation par impulsions codées (Pulse Code Modulation; PCM), un processus crucial pour la transmission numérique des signaux. Les concepts de codage et de quantification sont détaillés pour expliquer comment les niveaux d’amplitude sont discrétisés en valeurs numériques. Enfin, la section conclut par une étude du multiplexage temporel, une technique permettant de partager efficacement un canal de communication entre plusieurs utilisateurs. Les principes de base et le format des trames sont explorés pour illustrer son importance dans les systèmes à grande échelle.

Introduction

La numérisation implique la transformation d’un signal du temps continu au temps discret (échantillonnage), puis en valeurs discrètes (quantification). La numérisation est réalisée par un convertisseur analogique-numérique (analog-to-digital converter; ADC). Sa performance généralement indiquée par la fréquence d’échantillonnage et le nombre de bits par échantillon. Le processus inverse, qui consiste à convertir un signal numérique en un signal continu, est effectué par un convertisseur numérique-analogique (digital-to-analog converter, DAC).

Schéma du processus de numérisation et de reconstruction d’un signal. Le signal analogique de message est d’abord converti en signal numérique via une conversion analogique-numérique (A/N), qui comprend l’échantillonnage à une période T_E  et la quantification définie par  \Delta, N, Q(\cdot) . Le signal numérisé est ensuite reconverti en signal analogique par une conversion numérique-analogique (N/A), où une interpolation est appliquée à l’aide de la fonction p(t) pour reconstruire une approximation du signal d’origine.

Figure 1:Schéma du processus de numérisation et de reconstruction d’un signal. Le signal analogique de message est d’abord converti en signal numérique via une conversion analogique-numérique (A/N), qui comprend l’échantillonnage à une période TET_E et la quantification définie par Δ,N,Q() \Delta, N, Q(\cdot) . Le signal numérisé est ensuite reconverti en signal analogique par une conversion numérique-analogique (N/A), où une interpolation est appliquée à l’aide de la fonction p(t)p(t) pour reconstruire une approximation du signal d’origine.

Échantillonnage (Sampling)

Définition: Échantillonnage
L’échantillonnage est la lecture d’un signal, m(t)m(t) à intervalles réguliers, TET_E seconds (TET_E est la période d’échantillonnage). Donc on utilise une fréquence d’échantionnage de fEf_E Hz. La problématique principale est liée à l’échantillonnage sans perdre d’information. Cela nous permet d’utiliser l’interpolation et de reconstituer le signal original. Nous représenterons le signal échantillonné comme mE(t)m_E(t).
Schéma du processus d’échantillonnage d’un signal. Le signal analogique m(t) est multiplié par un train d’impulsions  \delta_{T_E}(t) , représentant une suite de deltas de Dirac espacés de T_E. Cette opération produit le signal échantillonné  m_E(t) , qui conserve les valeurs de m(t) aux instants d’échantillonnage. Ce processus est la première étape de la conversion analogique-numérique (A/N), garantissant une représentati on discrète du signal original.

Figure 2:Schéma du processus d’échantillonnage d’un signal. Le signal analogique m(t)m(t) est multiplié par un train d’impulsions δTE(t) \delta_{T_E}(t) , représentant une suite de deltas de Dirac espacés de TET_E. Cette opération produit le signal échantillonné mE(t) m_E(t) , qui conserve les valeurs de m(t)m(t) aux instants d’échantillonnage. Ce processus est la première étape de la conversion analogique-numérique (A/N), garantissant une représentati on discrète du signal original.

Soit m(t)m(t) un signal limité (dans le domaine des fréquences) à BB Hz. Le signal échantillonné est :

mE(t)=m(t)δTE(t)=n=m(nTE)δ(tnTE)m_E(t) = m(t) \delta_{T_E}(t) = \sum_{n=-\infty}^{\infty} m(nT_E) \delta(t - nT_E)

δTE(t)\delta_{T_E}(t) représente un train d’impulsions de Dirac, défini comme (26), et m(nTE)m(nT_E) représente la valeur de m(t)m(t) à t=nTEt = nT_E sec. Sachant que

δTE(t)=n=δ(tnTE)=1TEn=ej2πnfEt\delta_{T_E}(t) = \sum_{n=-\infty}^{\infty} \delta (t - nT_E) = \frac{1}{T_E} \sum_{n=-\infty}^{\infty} e^{j 2\pi n f_E t}

la transformée de Fourier de gE(t)g_E(t) peut être écrite comme

ME(f)=M(f)1TEn=δ(fnfE)=1TEn=M(fnfE)M_E(f) = M(f) * \frac{1}{T_E} \sum_{n=-\infty}^{\infty} \delta(f - n f_E) = \frac{1}{T_E} \sum_{n=-\infty}^{\infty} M(f - n f_E)
Un exemple de signal de message à bande limitée, B Hz.

Figure 3:Un exemple de signal de message à bande limitée, BB Hz.

La version échantillonnée du signal dans le domaine fréquentiel devient périodique avec une fréquence  f_E , qui est la fréquence d’échantillonnage. Tant que f_E > 2B , il n’y a pas de recouvrement (aliasing). Les copies peuvent rester non chevauchantes.

Figure 4:La version échantillonnée du signal dans le domaine fréquentiel devient périodique avec une fréquence fEf_E , qui est la fréquence d’échantillonnage. Tant que fE>2Bf_E > 2B , il n’y a pas de recouvrement (aliasing). Les copies peuvent rester non chevauchantes.

Reconstruction

Selon le théorème d’échantillonnage de Nyquist-Shannon, un signal, m(t)m(t) dont le spectre est limité à une bande de fréquences comprise entre B -B et B B Hz peut être parfaitement reconstruit à partir de ses échantillons si et seulement si la fréquence d’échantillonnage fE f_E respecte la condition

fE2Bf_E \geq 2B

Le taux de Nyquist (2B 2B ) est définie comme la fréquence minimale d’échantillonnage nécessaire pour éviter le chevauchement lors de la numérisation d’un signal. Donc le taux de Nyquist représente donc la fréquence d’échantillonnage minimale requise pour assurer une reconstruction fidèle du signal sans perte d’information.

Définition: chevauchement (aliasing)
Nous devons nous conformer aux critères de Nquist, sinon nous observons un effet de chevauchement. Le chevauchement se produit lorsqu’un signal est échantillonné à une fréquence inférieure au taux de Nyquist (fE<2Bf_E < 2B). Ce chevauchement entraîne une distorsion irréversible du signal, où différentes fréquences deviennent indiscernables.
Une illustration du chevauchement (aliasing) (f_E < 2B)

Figure 5:Une illustration du chevauchement (aliasing) (fE<2B)(f_E < 2B)

Reconstruction idéale

Si un signal m(t) m(t) a été échantillonné avec une fréquence fE2B f_E \geq 2B , la reconstruction idéale est réalisée en filtrant le spectre du signal échantillonné avec un filtre passe-bas idéal dont la réponse en fréquence est :

H(f)=TE(f2B)={TEsi fB0si f>BH(f) = T_E \cdot \prod \left( \frac{f}{2B} \right) = \begin{cases} T_E & \text{si } |f| \leq B \\ 0 & \text{si } |f| > B \end{cases}

(x) \prod(x) représente une fonction porte qui sélectionne uniquement les fréquences comprises entre B -B et B B Hz. Ce filtre passe-bas idéal élimine les copies spectrales indésirables introduites lors de l’échantillonnage.

En domain temporel, m(t)m(t) peut être parfaitement reconstruit par interpolation de sinc :

m(t)=n=m(nTE)sinc(π(tnTE)TE)m(t) = \sum_{n=-\infty}^{\infty} m(nT_E) \text{sinc} \left( \frac{\pi(t - nT_E)}{T_E} \right)
Un filtre passe-bas idéal est utilisé pour extraire la bande originale de largeur 2B, éliminant ainsi les répliques spectrales et permettant la reconstruction du signal initial.

Figure 6:Un filtre passe-bas idéal est utilisé pour extraire la bande originale de largeur 2B2B, éliminant ainsi les répliques spectrales et permettant la reconstruction du signal initial.

Reconstruction pratique (interpolation)

L’interpolation est le processus de reconstruction d’un signal continu à partir de ses échantillons discrets en utilisant un filtre passe-bas ayant une réponse impulsionnelle p(t)p(t).

Modèle équivalent de reconstruction d’un signal échantillonné. Le signal échantillonné  m_E(t)est filtré par un filtre passe-bas ayant une réponse impulsionnelle  p(t)  et une réponse en fréquence  P(f) . Ce filtrage permet d’éliminer les répliques spectrales indésirables et de reconstruire une approximation du signal original, notée  \tilde{m}(t) . Cette approche constitue une reconstruction pratique du signal après l’étape d’échantillonnage.

Figure 7:Modèle équivalent de reconstruction d’un signal échantillonné. Le signal échantillonné mE(t) m_E(t)est filtré par un filtre passe-bas ayant une réponse impulsionnelle p(t) p(t) et une réponse en fréquence P(f) P(f) . Ce filtrage permet d’éliminer les répliques spectrales indésirables et de reconstruire une approximation du signal original, notée m~(t) \tilde{m}(t) . Cette approche constitue une reconstruction pratique du signal après l’étape d’échantillonnage.

Lorsque nous ne pouvons pas créer un filtre idéal, nous pouvons utiliser un filtre pratique avec une réponse impulsionnelle p(t)p(t) qui a une durée finie dans le temps, permettant une reconstruction approximative tout en réduisant la complexité de mise en œuvre. L’interpolation peut être vue comme un filtrage de convolution du signal échantillonné mE(t)m_E(t) avec un filtre passe-bas non-idéal avec une réponse impulsionnelle du filtre passe-bas p(t) p(t) , qui permet de lisser les échantillons et de reconstruire un signal continu :

m~(t)=mE(t)p(t)=n=m(nTE)p(tnTE)\widetilde{m}(t) = m_E(t) * p(t) = \sum_{n=-\infty}^{\infty} m(nT_E) p(t - nT_E)

m~(t)\widetilde{m}(t) est le signal reconstruit et * représente l’opération de convolution.

L’expression de la transformée de Fourier du signal reconstruit est donnée par :

M~(f)=ME(f)P(f)=P(f)1TEn=M(fnfE)\widetilde{M}(f) = M_E(f) P(f) = P(f) \frac{1}{T_E} \sum_{n=-\infty}^{\infty} M(f - n f_E)

G~(f)\tilde{G}(f) est le spectre du signal reconstruit, ME(f) M_E(f) est le spectre du signal échantillonné, et P(f) P(f) est la réponse en fréquence du filtre d’interpolation p(t) p(t).

Quantification (Quantization)

Définition: Quantification
La quantification est la lecture d’un signal analogique avec une précision finie. Une conséquence importante de ce processus est l’ajout du bruit de quantification. La quantification est utilisée après l’échantillonnage dans le processus de numérisation d’un signal. Nous représenterons le signal après la quantification comme m^(t)\hat{m}(t)

La quantification est un système qui transforme un signal d’entrée analogique à temps continu en un signal de sortie numérique à temps continu, en l’arrondissant à l’un des niveaux prédéfinis. Elle peut être représentée par une fonction de quantification

y=Q(x)y = Q(x)
Schéma du processus de quantification.  Le signal d’entrée m(nT_E)  est mappé à un ensemble discret de valeurs de sortie \hat{m}(nT_E) . L’opération de quantification est définie par les paramètres \Delta  (pas de quantification),  N (nombre de bits pour representer 2^N niveaux de quantification) et  Q(\cdot)  (fonction de quantification). La fonction en escalier à l’intérieur du bloc représente les niveaux de quantification appliqués au signal d’entrée.

Figure 10:Schéma du processus de quantification. Le signal d’entrée m(nTE)m(nT_E) est mappé à un ensemble discret de valeurs de sortie m^(nTE)\hat{m}(nT_E) . L’opération de quantification est définie par les paramètres Δ\Delta (pas de quantification), N N (nombre de bits pour representer 2N2^N niveaux de quantification) et Q() Q(\cdot) (fonction de quantification). La fonction en escalier à l’intérieur du bloc représente les niveaux de quantification appliqués au signal d’entrée.

Bruit de Quantification

Soit nombre total de niveaux disponibles représenté par LL par une fonction y=Q(x)y=Q(x). On a besoin de NN bits pour chaque échantillon où

L=2NL = 2^N

Le bruit de quantification est l’erreur introduite après la quantification. Cette erreur est due à l’arrondi des valeurs du signal à l’un des niveaux de quantification disponibles.

L’échantillon quantifié est donné par :

m^(nTE)=m(nTE)+q(nTE)\hat{m}(nT_E) = m(nT_E) + q(nT_E)

m(nTE) m(nT_E) est le signal de message (signal d’origine) et q(nTE) q(nT_E) est le bruit de quantification ajouté.

La PDF du bruit q(nTE) q(nT_E) est uniforme, et

Δ2q(nTs)<Δ2-\frac{\Delta}{2} \leq q(nT_s) < \frac{\Delta}{2}

avec

Δ=2mpL\Delta = \frac{2m_p}{L}

où en général mpm(t)mp-m_p \leq m(t) \leq m_p. Donc, on peut écrire la PDF du bruit de quantification comme :

pQ(q)=1Delta,q[Δ2,+Δ2]p_Q(q) = \frac{1}{Delta}, \hspace{1cm} q\in \left[-\frac{\Delta}{2}, +\frac{\Delta}{2}\right]

Le bruit de quantification est centré en moyenne et sa valeur moyenne est

mQ=E[q(nTE)]=Δ2+Δ2qpQ(q)dq=0,m_Q = E[q(nT_E)] = \int_{-\frac{\Delta}{2}}^{+\frac{\Delta}{2}}q p_Q(q)dq = 0,

et sa puissance est

E[q(nTE)2]=Δ2+Δ2q2pQ(q)dq=mp23L2E[q(nT_E)^2] = \int_{-\frac{\Delta}{2}}^{+\frac{\Delta}{2}}q^2 p_Q(q)dq = \frac{m_p^2}{3L^2}
L’erreur est ajoutée au signal discrétisé, ce qui donne le signal quantifié  \hat{m}(nT_E), utilisé pour la transmission ou le traitement numérique. La quantification introduit une distorsion, dont l’impact dépend du pas de quantification  \Delta  et du nombre de bits utilisés N.

Figure 12:L’erreur est ajoutée au signal discrétisé, ce qui donne le signal quantifié m^(nTE) \hat{m}(nT_E), utilisé pour la transmission ou le traitement numérique. La quantification introduit une distorsion, dont l’impact dépend du pas de quantification Δ \Delta et du nombre de bits utilisés NN.

Le rapport signal sur bruit de quantification (signal-to-quantization-noise ratio; SQNR) est une mesure de la qualité du signal après quantification. Il est défini par :

SQNR=Puissance de m(TE)Puissance de q(nTE)=E[m2(t)]E[q(nTE)2]=3L2E[m2(t)]mp2SQNR = \frac{ \textrm{Puissance de } m(T_E)}{\textrm{Puissance de } q(nT_E)} = \frac{E[m^2(t)]}{E[q(nT_E)^2]} =3L^2 \frac{E[m^2(t)]}{m_p^2}

Le bruit de quantification est un facteur critique dans la conversion analogique-numérique, et il doit être minimisé pour assurer une haute fidélité du signal converti. Notez qu’un nombre de niveaux de quantification LL plus élevé réduit le bruit de quantification, mais mous avons besoin de plus de bits pour représenter les échantillons (N×le nombre total d’eˊchantillonsN \times \textrm{le nombre total d'échantillons}).

Types de fonctions de quantification

Il existe deux types de fonctions de quantification.

Exemples pour deux types de fonctions de quantification. Dans la quantification uniforme (à gauche), les niveaux sont répartis de manière égale sur toute la plage de signal, tandis que dans la quantification non uniforme (à droite), les niveaux sont plus denses pour les faibles amplitudes, réduisant ainsi l’erreur de quantification pour les signaux de faible intensité. Cette approche est couramment utilisée pour améliorer le rapport signal/bruit dans les systèmes de communication.

Figure 13:Exemples pour deux types de fonctions de quantification. Dans la quantification uniforme (à gauche), les niveaux sont répartis de manière égale sur toute la plage de signal, tandis que dans la quantification non uniforme (à droite), les niveaux sont plus denses pour les faibles amplitudes, réduisant ainsi l’erreur de quantification pour les signaux de faible intensité. Cette approche est couramment utilisée pour améliorer le rapport signal/bruit dans les systèmes de communication.

Applications: Modulations analogiques d’impulsions

La modulation analogique d’impulsions est une technique utilisée pour transmettre un signal analogique en modulant une série d’impulsions discrètes. Cette technique est largement employée en télécommunications et en traitement du signal. On utilise un signal de message qui porte l’information, m(t)m(t) et une série d’impulsions (pulses) est utilisée pour moduler le signal, p(t)p(t). Le train d’impulsions est représentée par

n=p(tnTE)\sum_{n=-\infty}^{\infty} p(t - nT_E)

p(t)p(t) est la forme de l’impulsion utilisée.

Illustration du processus d’échantillonnage à l’aide d’un train d’impulsions composé de p(t) avec une période de T_E seconds.

Figure 14:Illustration du processus d’échantillonnage à l’aide d’un train d’impulsions composé de p(t)p(t) avec une période de TET_E seconds.

Ces impulsions serviront à coder le signal en utilisant différentes méthodes de modulation telles que :

Une illustration de la PAM, PWM et PPM. (Voir: Exemples Intéractifs: Numérisation)

Figure 15:Une illustration de la PAM, PWM et PPM. (Voir: Exemples Intéractifs: Numérisation)

Modulation par impulsions codées (Pulse Code Modulation; PCM)

Modulation par impulsions codées (PCM) est un système pratique d’échantillonnage et de quantification.

La modulation par impulsions codées (PCM - Pulse Code Modulation) est une technique de numérisation utilisée pour convertir un signal analogique en un signal numérique. Elle se déroule en trois étapes principales :

  1. Échantillonnage : Le signal analogique est prélevé à intervalles réguliers.
  2. Quantification : Chaque échantillon est arrondi à l’un des L L niveaux disponibles.
  3. Codage de ligne (line coding): Les niveaux quantifiés sont convertis en mots binaires.
Schéma du processus de modulation par codage d’impulsions (PCM). Le signal analogique est d’abord échantillonné avec une période  T_E, puis quantifié en utilisant  \Delta, N, Q(\cdot) . Ensuite, un codage de ligne est appliqué à la séquence numérique via une fonction de codage  p(t), influençant l’efficacité spectrale  \eta_{\text{spectrale-binaire}} . En sortie, un signal modulé en bande de base (autour de 0 Hz)  est obtenu, caractérisé par un débit binaire  R_b et une largeur de bande B_T .

Figure 16:Schéma du processus de modulation par codage d’impulsions (PCM). Le signal analogique est d’abord échantillonné avec une période TET_E, puis quantifié en utilisant Δ,N,Q() \Delta, N, Q(\cdot) . Ensuite, un codage de ligne est appliqué à la séquence numérique via une fonction de codage p(t) p(t), influençant l’efficacité spectrale ηspectrale-binaire \eta_{\text{spectrale-binaire}} . En sortie, un signal modulé en bande de base (autour de 0 Hz) est obtenu, caractérisé par un débit binaire Rb R_b et une largeur de bande BTB_T .

La quantification est une étape essentielle du système PCM, où chaque échantillon m(nTE) m(nT_E) du signal m(t) m(t) est approximé par l’un des L L niveaux de quantification et

Δ=2mpL\Delta = \frac{2m_p}{L}

À la sortie du système PCM, nous avons un signal binaire caractérisé par deux paramètres de conception :

Les paramètres RbR_b et BT B_T sont influencés par la forme d’impulsion p(t)p(t) utilisée pour coder les bits. Différents schémas de codage binaire, comme NRZ (Non-Return to Zero) ou Manchester (line coding), affectent l’efficacité spectrale du signal transmis.

Pour concevoir le système de communication, on doit definir l’efficacité spectrale binaire

ηspectrale-binaire=RbBTbits/sec/Hz\eta_{\text{spectrale-binaire}} = \frac{R_b}{B_T} \quad \text{bits/sec/Hz}

Elle exprime le nombre de bits transmis par seconde et par Hz de bande passante.

D’après le théorème de Nyquist, l’efficacité spectrale maximale pour un signal binaire sans interférence intersymbole (inter symbol interference; ISI) est :

ηspectrale-binaire2 bits/sec/Hz\eta_{\text{spectrale-binaire}} \leq 2 \text{ bits/sec/Hz}

Cela signifie que, dans un canal idéal, un débit binaire maximum de 2BT2B_T bits/sec peut être atteint en utilisant des impulsions optimales.

Multiplexage temporel (Time Division Multiplexing)

Définition: Multiplexage temporel
Le multiplexage temporel (Time Division Multiplexing; TDM) est une technique permettant de combiner plusieurs signaux utilisateurs en un seul flux (flow) de transmission en allouant des intervalles de temps distincts à chaque signal.

Format de la Trame

Définition: Trame
Une trame (frame) est un segment contenant un mot de code (échantillon) pour chacun des canaux dans un système.
Un exemple de multiplexage temporel (TDM) avec deux utilisateurs. Si chaque utilisateur transmet à un débit de  R_b  bits/seconde, alors la trame TDM doit être transmise à un débit de  2R_b  bits/seconde. Cela est nécessaire pour préserver l’intégrité des données de chaque utilisateur et garantir que toutes les informations sont transmises sans perte.

Figure 18:Un exemple de multiplexage temporel (TDM) avec deux utilisateurs. Si chaque utilisateur transmet à un débit de Rb R_b bits/seconde, alors la trame TDM doit être transmise à un débit de 2Rb 2R_b bits/seconde. Cela est nécessaire pour préserver l’intégrité des données de chaque utilisateur et garantir que toutes les informations sont transmises sans perte.

Dans un système de TDM (comme le T1), les données sont transmises en trames successives. Pour que le récepteur puisse identifier correctement les données et éviter tout décalage, il doit connaître la position de chaque trame. Pour cette raison, un bit de cadrage (framing bit) est ajouté au début de chaque trame. Ce bit permettre au récepteur de détecter le début de chaque trame. Donc il sert de repère temporel et assure la synchronisation entre l’émetteur et le récepteur.

Resumé

Cette section traite de O3 Numérisation des signaux : Comprendre l’échantillonnage, la quantification, et les conversions analogique-numérique, qui concerne la numérisation des signaux, englobant l’échantillonnage, la quantification et les conversions analogique-numérique. La numérisation repose sur plusieurs paramètres influençant la qualité et l’efficacité de la transmission. L’échantillonnage est caractérisé par sa fréquence fEf_E, qui doit être au moins égale à 2B2B pour éviter l’aliasing, conformément au théorème de Nyquist, ainsi que par la période d’échantillonnage TE=1fET_E = \frac{1}{f_E}. La quantification implique l’approximation de chaque échantillon à un niveau discret parmi LL niveaux possibles, où le nombre de bits par échantillon est déterminé par n=log2Ln = \log_2 L, générant un bruit de quantification . La PCM convertit ces échantillons en séquences binaires, définissant un débit binaire Rb=2nBR_b = 2nB, qui détermine la bande passante requise BT=RbηspectraleB_T = \frac{R_b}{\eta_{\text{spectrale}}}, avec une limite maximale de 2 bits/sec/Hz selon Nyquist. Le multiplexage temporel (TDM) regroupe les canaux des utilisateurs dans une trame unique, comprenant des bits de cadrage essentiel pour assurer la synchronisation entre l’émetteur et le récepteur. Une conception optimisée de ces paramètres permet d’assurer une transmission efficace et adaptée aux contraintes de bande passante d’un canal.